Le feel good, pour quoi faire ?
Il y a quelques temps, on m’a demandé ce que je pensais des romans feel good. J’ai hésité avant de répondre.
Parce que moi, j’écris sur ces blessures passées ou présentes qu’on porte comme des cicatrices intérieures, sur ces silences qui s’accumulent au fond de nous, sur les injustices qui traversent les époques et se renouvellent plus vite qu’une portée de rats.
Mes personnages n’avancent pas dans un monde idéal. Ils traînent leurs deuils, leurs failles et leur mélancolie et se débattent avec des événements qui les dépassent.
Donc, à première vue, je ne pense pas grand-chose du feel good. Trop rose, pas assez noir. Pas mon territoire.
Et pourtant…
Explorer les zones sombres, n’est-ce pas un moyen de chercher une sortie vers la lumière ? La résilience, pas une consolation naïve, mais la capacité de vivre malgré tout ? Parce qu’au bout des épreuves, il y a cet espoir d’un frémissement, d’une brèche pour aimer encore, pour se sentir vivant.
Le feel good, quand il est sincère, raconte non pas un bonheur factice, mais la lente reconstruction d’âmes cabossées. Une quête de sens après la perte, une main tendue alors que tout semblait perdu. Il porte sans honte la fragilité, la bonté désintéressée, la tendresse comme force.
Chez Mélissa Da Costa, les blessures intérieures guérissent au rythme des saisons et des paysages. Chez Valérie Perrin, la mélancolie devient une forme de grâce. Chez Aurélie Valognes, le quotidien fracassé se reforme vers une lumière nouvelle.
Chez les autrices de feel good, les mots n’édulcorent pas la douleur, ils l’affrontent. Alors peut-être que la vraie littérature feel good, c’est celle qui n’a pas peur du chagrin. Celle qui connaît la valeur de la joie. Celle qui ne fuit pas la peine, mais la traverse pour oser continuer à aimer malgré les douleurs et les peurs.
Et c’est ce combat-là, ce courage, qui me touche. C’est peut-être là que je rejoins, sans le dire, cette littérature du feel good que certains regardent de haut.
Dans ces histoires qui réparent, qui offrent un second souffle à nos cœurs meurtris.
Et si un jour, mes mots peuvent, juste un peu, apaiser, consoler, réchauffer… Alors je crois que j’aurai touché à quelque chose de juste, quel que soit le nom qu’on lui donne.
Merci à vous, chers lecteur, chères lectrices,
de marcher avec moi dans ces traversées
de lire, de ressentir et de vibrer encore
de toute la force de notre humanité
Avec tendresse,
Valérie
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Un rien qui change tout
(Proposition d’écriture)
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