Les âmes cabossées

Le feel good, pour quoi faire ?

Coolisses
3 min ⋅ 15/10/2025

Il y a quelques temps, on m’a demandé ce que je pensais des romans feel good. J’ai hésité avant de répondre.

Parce que moi, j’écris sur ces blessures passées ou présentes qu’on porte comme des cicatrices intérieures, sur ces silences qui s’accumulent au fond de nous, sur les injustices qui traversent les époques et se renouvellent plus vite qu’une portée de rats.

Mes personnages n’avancent pas dans un monde idéal. Ils traînent leurs deuils, leurs failles et leur mélancolie et se débattent avec des événements qui les dépassent.

Donc, à première vue, je ne pense pas grand-chose du feel good. Trop rose, pas assez noir. Pas mon territoire.

Et pourtant…

Explorer les zones sombres, n’est-ce pas un moyen de chercher une sortie vers la lumière ? La résilience, pas une consolation naïve, mais la capacité de vivre malgré tout ? Parce qu’au bout des épreuves, il y a cet espoir d’un frémissement, d’une brèche pour aimer encore, pour se sentir vivant.

Le feel good, quand il est sincère, raconte non pas un bonheur factice, mais la lente reconstruction d’âmes cabossées. Une quête de sens après la perte, une main tendue alors que tout semblait perdu. Il porte sans honte la fragilité, la bonté désintéressée, la tendresse comme force.

Chez Mélissa Da Costa, les blessures intérieures guérissent au rythme des saisons et des paysages. Chez Valérie Perrin, la mélancolie devient une forme de grâce. Chez Aurélie Valognes, le quotidien fracassé se reforme vers une lumière nouvelle.

Chez les autrices de feel good, les mots n’édulcorent pas la douleur, ils l’affrontent. Alors peut-être que la vraie littérature feel good, c’est celle qui n’a pas peur du chagrin. Celle qui connaît la valeur de la joie. Celle qui ne fuit pas la peine, mais la traverse pour oser continuer à aimer malgré les douleurs et les peurs.

Et c’est ce combat-là, ce courage, qui me touche. C’est peut-être là que je rejoins, sans le dire, cette littérature du feel good que certains regardent de haut.

Dans ces histoires qui réparent, qui offrent un second souffle à nos cœurs meurtris.

Et si un jour, mes mots peuvent, juste un peu, apaiser, consoler, réchauffer… Alors je crois que j’aurai touché à quelque chose de juste, quel que soit le nom qu’on lui donne.

Merci à vous, chers lecteur, chères lectrices,
de marcher avec moi dans ces traversées
de lire, de ressentir et de vibrer encore
de toute la force de notre humanité

Avec tendresse,
Valérie

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Un rien qui change tout
(Proposition d’écriture)

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Coolisses

Par Valérie Terrien

Bonjour et bienvenue.

Faisons connaissance

Je m’appelle Valérie Terrien.
Je lis, je vis, j’écris.

Une enfance en Centrafrique, une adolescence en Allemagne.     
Pendant ces années à l’étranger, j’ai écrit des petits bouts de mots comme on jette des cailloux, pour qu’ils ricochent, qu’il roulent et ne soient pas enterrés sous la mousse.

J’écris parce qu’il y a des combats qui méritent d’être menés. J’écris pour ces bras qui renoncent, ces cœurs qui s’enfoncent dans un monde en décomposition, pertes humaines et pertes de repères.

J’écris aussi pour ces mains tendues auxquelles s’accroche l’espoir. J’ai envie de transmettre des récits où il est possible de surmonter des obstacles qui paraissent infranchissables.

En résumé, je suis une rêveuse révoltée. À moins que ce ne soit l’inverse…

De mon enfance en Centrafrique et de mon engagement auprès de populations vulnérables, je porte en moi cette question : comment apaiser un passé encore à vif quand l’exploitation continue aujourd’hui ?

Mes deux premiers romans, publiés sous le pseudonyme d’Élisa Tixen aux éditions Terres de l’Ouest, explorent les blessures transgénérationnelles et les secrets de famille.
Aujourd’hui, j’ai envie d’aller plus loin. D’interroger le poids de ces héritages sur nos colères, nos fractures, nos solidarités.

Je veux écrire des romans à suspense sur fonds de réalisme social. Mettre en scène des femmes cabossées qui sont plus fortes qu’elles ne le croient. Les placer devant des choix qui les poussent à extirper les ressources enfouies dans leurs tripes pour affronter leur goliath personnel.

Entre enquête et quête d’identité ou de sens, mon univers est à la fois sombre par les sujets réalistes qu’il aborde, et tendre et lumineux car porteur d’espoir.

À votre tour

Qui êtes-vous ? Quelle est la dernière fois où vous avez réfléchi à vos valeurs, vos convictions, vos rêves ?

Pour vous présenter, je vous propose un temps d’introspection ludique, inspiré d’Autoportrait d’Édouard Levé dont voici un extrait :

"Adolescent, je croyais que " La Vie mode d'emploi " m'aiderait à vivre, et " Suicide mode d'emploi " à mourir. J'ai passé trois ans et trois mois à l'étranger. J'oublie ce qui me déplaît. J'ai peut-être parlé sans le savoir avec quelqu'un qui a tué quelqu'un. J’aime regarder dans les impasses. Ce qu'il y a au bout de la vie ne me fait pas peur. Je n'écoute pas vraiment ce qu'on me dit. J'ai parlé à Salvador Dali quand j’avais deux ans. La date de naissance indiquée sur ma carte d'identité est fausse. Je parle à mes objets lorsqu'ils sont tristes. Je n'ai rien contre le réveillon. Quinze ans est le milieu de ma vie, quelle que soit la date de ma mort. Je crois qu'il y a une vie après la vie, mais pas une mort après la mort. Je ne demande jamais si on m'aime. Le plus beau jour de ma vie est peut-être passé."

À vous de jouer maintenant

Si vous préférez, vous pouvez procéder par listes successives et les mêler ensuite. Dans ce cas, pour chaque point inscrit sur vos listes, rédigez une phrase courte, factuelle, commençant par JE :

  • 5 événements majeurs de votre vie, des événements qui vous ont fait changer de trajectoires ou modifier votre vision de la vie.

  • 5 anecdotes rigolotes ou tendres, de celles qui vous font sourire quand vous y repensez.

  • 5 « J’aime, j’aime pas ».

  • 5 choses que personne ne connaît sur vous et que vous n’avez osé avouer à personne (regret, peur, rêve secret…)

Ces 20 phrases en mains, choisissez celles qui vous plaisent. Enlevez celles qui vous hérissent. Ajoutez ce qui vous revient en tête et qui vous semble important de dire.

Au final, vous aurez sous vos yeux un texte composé d’une quinzaine de fragments qui ne diront pas tout de vous, mais qui mettront en lumière vos richesses et la personne singulière que vous êtes.

Bonne écriture
À bientôt,
Valérie Terrien

Si vous souhaitez me découvrir à travers mes livres

Le silence à l’ombre des pins - Thriller psycho généalogique     
Comment se débarrasser des blessures du passé, invisibles et vivaces, qui pèsent sur nos vies malgré nous ?

Amaya, le sanctuaire d’Iraty - Conte initiatique
Comment savoir qui vous êtes quand il vous manque une partie de votre histoire ?